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  • sotharasieng

Comment travaille-t-on les premières pièces de notre collection ?

Développer une collection de vêtements homme made in France, rien de plus simple ! Il suffit de trouver un bon ou bonne styliste, de bons tissus et des ateliers qui font le montage. A priori, avec des stylistes, des tissus et des ateliers de confection en France, on pourrait en effet se dire que ce n’est pas très compliqué et qu’il faut « juste » mettre tout ça en musique. Le hic, c’est qu’avec toutes ces options disponibles, il faut faire des choix. On vous explique dans ce billet comment on fait ces choix chez Rsurction. Vous verrez que nos critères sont à la fois rationnels, réalistes et avec des partis pris forts. Mais ils sont aussi tout autant affectifs, et oui on travaille avec des entreprises, mais surtout avec des hommes et des femmes ; qu'esthétiques, on parle quand même de mode et de beaux vêtements pour vous, messieurs.


Stylisme, Tissu, Confection, easy le made in France ?


Le gendre idéal : du 100% made in France écoresponsable


Le gendre idéal qu’on voudrait vous présenter chez Rsurction devrait être composé d’une belle matière française.

Simon Baker, c'est un peu le gendre idéal...

Ce tissu serait filé, tissé, teint et ennobli en France. Parenthèse, l’ennoblissement, ce sont les finitions techniques et esthétiques du tissu qui lui donneront des propriétés, un aspect et toucher particuliers. Ce vêtement devra être confectionné dans des ateliers en France. Et idem pour tous ses accessoires (étiquettes, boutons, rivets, etc.). Évidemment, le tout bio, recyclé, avec une prise en compte du bien-être planétaire et animal et …d'origine française.

...ou le mouton à 5 pattes qui n'existe pas

Et bah, on vous arrête tout de suite ! Ne cherchez plus, ce gendre idéal n’existe pas.


Il faut faire des choix. Choisir, c’est renoncer. Soyons donc réaliste, et faisons des choix informés pour que nos renoncements soient minimes pour rester en phase avec nos valeurs (amour du prochain, foi dans l’impossible, humilité, honnêteté, durabilité, justice). Au bout du bout, c’est cela le plus important.



Nos choix de fabrication : le made in France


Pour ce qui est de la fabrication, on ne va pas transiger, c'est du made in France. Les savoir-faire français existent encore. On sait très bien confectionner des chemises, pantalons, pulls, costumes, blousons ou jeans de qualité. Ce n'est pas que les options soient pléthoriques, mais ils restent encore des ateliers de confection qui savent faire de la qualité. On ne les choisit pas uniquement parce qu'ils sont basés en France. On les sélectionne sur le volet pour la qualité haut de gamme de leur travail et des savoir-faire uniques.

Hervier Productions, un expert du haut de gamme

Pour preuve, ils fournissent les grandes marques de luxe depuis très longtemps. Ce sont en général des ateliers établis et reconnus dans le secteur de l'habillement. On est également très regardant sur la transparence des informations transmises quant aux conditions de travail des salariés. On ne demande pas qu'il y ait un Chief Happiness Officer dans l’équipe ou un baby-foot en salle de pause. On veut juste que les travailleurs bénéficient de conditions de travail décentes et en conformité avec le droit du travail français. Les normes françaises font partie des plus élevées d'Europe. Cela inclut bien entendu les niveaux de salaires. Et, ne nous y trompons pas, les salaires entre pays européens sont plus comparables que ce que l'on pourrait penser. Ayons bien en tête que le prix d'un litre de lait est le même qu'on soit en France, Portugal ou Roumanie !

le made in France a un coût, au bénéfice des salariés

On est bien conscient que les couturières derrière les machines à coudre n'ont pas un salaire de cadre, mais qu'elles sont plus autour du SMIC. Ça n'a pas l'air de grand- chose. Mais il n'est pas rare que des vêtements fabriqués en France le soient dans des ateliers clandestins, avec des travailleurs sans papier et des patrons avec une éthique bien discutable, notamment en région parisienne, mais pas uniquement. Tous ces critères sont également valables pour tous les fournisseurs qui contribuent à nos pièces de vêtements.


Nos tissus, nos matières premières : priorité à la QUALITÉ, avec du made in France et de l'écoresponsabilité ...le plus possible


La matière. On privilégie la qualité avant tout (sans en faire trop, sinon on prendrait tout ou presque au Japon). Et si le made in France est à la hauteur sur un niveau de qualité attendu. Nous irons sans hésitation. Mais clairement, on ne fera pas de compromis sur la qualité. Elle n'est pas optionnelle. Pour nous, la qualité, c'est quoi ? Une matière solide qui va durer dans le temps et qui peut évoluer avec l'usage, mais en se patinant patiemment pour se personnaliser grâce à son porteur. La qualité s'est aussi une matière qui est belle à la vue, qui prend bien la lumière, mais également agréable au toucher. Pour nous, la qualité du tissu dépend de divers paramètres selon des critères choisis intentionnellement : l'épaisseur, la légèreté, la densité, la teinte, la résistance, la douceur, la souplesse, le poids, la rigidité, les aspérités, la froissabilité, le potentiel de patine ou non dans le temps selon l'effet recherché, ses propriétés à ne pas rétrécir au lavage, etc. Ainsi, par exemple, on privilégiera un tissu composé de deux fils torsadés (dits double retors) à un tissu fait à partir de fils simples.

La toile selvedge, le denim des puristes

De la même manière, on optera plus volontiers pour une toile de denim selvedge à une toile de denim classique. Nous prenons bien entendu en compte qu'une superbe matière comme du baby cashmere sera plus douce, légère et soyeuse que de la laine mérinos extra-fine. Cependant, elle sera plus fragile. Parmi les nombreux critères présidant au choix de la matière/toile, le fabriqué en France sera, pour être honnête, surponderé. C'est un choix volontaire et intentionnel de notre part. Pour autant, on ne va pas prendre un tissu made in France juste parce qu'il est fabriqué en France. On considère que ce n'est ni rendre service ni aider à redorer le blason du made in France. Faire du made in France pour du made in France sans l'exigence de la qualité, c'est selon nous contre-productif.


Pour les matières premières, on va privilégier le plus possible les fibres naturelles (coton, laine, lin, etc.). On va faire des choix de bon sens, ce n'est pas parce que le lin pousse en France qu'on va développer un pull en lin. Par contre, un t-shirt, une chemise ou même un jean en lin ou mélangé avec une autre matière naturelle, ça ferait complètement du sens.

C'est aussi ça le mouton à 5 pattes

On cherchera également des matières premières qui sont certifiées par exemple GOTS pour le bio (le grade le plus élevé en matière de bio), Oeko-Tex standard 100 (sans procédé chimique) ou encore mulesing-free pour la laine. Bien entendu, sous réserve que la qualité du produit n'en pâtisse pas. C'est la raison pour laquelle on n'est pas en train de courir derrière le tout recyclé ou le tout bio. En effet, les matières recyclées, comme le fil coton par exemple, rendent la plupart du temps un tissu final moins solide qu'un tissu "nouveau". Et pour nous, un vêtement qui dure, c'est un vêtement qu'on ne jette pas et qui n'a pas forcément vocation à être recyclé en un autre vêtement de sitôt. C'est en tout cas notre point de vue. De la même manière, les fils de coton bio sont en général plus courts que ceux de cotons conventionnels. Donc, à priori, moins résistants. Par contre, si on a la garantie que la qualité est au rendez-vous, on ne sera pas contre. Les avancées technologiques peuvent évidemment modifier la donne.


Pour les accessoires et les étapes intermédiaires (filature, teinture, etc.) on fait comme pour les matières premières, sachant qu'il s'agit souvent de savoir-faire bien spécifiques. Comme vous vous en douter, tout n'est pas faisable en France à cause des savoir-faire absents. Quelques exemples de ce qui n'est pas possible d'avoir en France: les rivets de jeans, la teinture à l'indigo pour les jeans, la majorité des fils de coton, de la laine mérinos extra-fine, etc.


Vous l'aurez compris, la qualité n'est pas un sujet mineur chez nous. Mais quand l'équation qualité, lieu de fabrication et écoresponsabilité est réalisée, et qu'un vêtement peut prendre les caractéristiques des trois mondes, on ne va pas se gêner, et on s'en réjouit !


Prochainement, zoom sur le développement de nos pièces


Nos prochains articles seront consacrés au développement de chacune de nos pièces. Ces premiers vêtements Rsurction seront des basiques (pas au sens de la qualité) intemporels. On préfère d'abord viser des valeurs sûres avant de s'aventurer sur des pièces plus "risquées", des pièces plus fortes et avec des partis pris stylistiques plus marqués. On a hâte. Mais, ne brûlons pas les étapes.

Pour ceux qui nous ont aidée en répondant à nos questionnaires (il n'est pas trop tard pour les remplir!), ils savent ce qu'il se prépare dans les cartons. On vous expliquera où nous en sommes, ce qu'il reste à faire. On vous partagera également nos doutes et questionnements.



RSURCTION

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