top of page
  • sotharasieng

Ma Bio

Dernière mise à jour : 15 avr. 2021

Comment j'en suis arrivé à me lancer dans cette aventure entrepreunariale ?


En guise de premier billet, je vous propose de me découvrir au travers de cette bio. Peut-être que cela vous donnera quelques clés de compréhension sur mon cheminement qui m'amène à développer le projet RSURCTION.


Un parcours sans faute, ou presque


Je m’appelle Sothara, j’ai 38 ans et suis né en Sologne. Je suis marié à Anka et nous avons 3 enfants. Mon papi me disait toujours de me présenter ainsi : je suis français, né en France, d’origine cambodgienne. Issu du milieu ouvrier (et fier de l’être), j’ai passé les premières années de ma vie dans ce que l’on appelle les quartiers. Rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Puis j’ai grandi en maison, dans un quartier privilégié. J’ai eu la chance de ne manquer de rien et d’avoir une famille aimante. Après un BAC S, obtenu non sans peine, j’ai fait une prépa HEC à Blois où j’en garde d’excellents souvenirs. J’ai travaillé mais je me suis surtout bien amusé. J’ai par la suite intégré l’école de commerce de Rennes d’où j’en suis sorti en 2007, riche d’expériences variées (voyages, copains, études, stages, etc.).


De par la majeure que j’ai choisie et les stages que j’ai réalisés, j’ai naturellement démarré ma carrière professionnelle dans l’agroalimentaire dans le monde impitoyable du marketing et de l’international. Je suis resté presque 7 ans chez Rians, une belle maison familiale où j’ai été formé par des pros du marketing et du business. J’y ai rencontré mes premiers mentors. On m’a donné ma chance.

Je me suis développé, ai accompli de beaux projets, j’ai fait mes erreurs, je me suis relevé, et enfin mature, j’ai quitté le nid berrichon pour la Normandie. Avec du recul, en 7 ans, j’ai déjà traversé une vie professionnelle en quelque sorte. C’est assez étrange de dire ça quand je pense que mon père est parti en retraite avec près de 40 ans dans la même boîte. J’en garde de très bons souvenirs, et surtout un goût pointu pour les bons fromages de terroirs français. Je me souviens encore d’une question que m’avait posé un de mes patrons lors de mon entretien de recrutement : « Est-ce que la tradition peut être moderne ? ». Il s'avère que ce questionnement prophétique s’est inscrit en toile de fond tout au long de mon parcours professionnel.



L’appel du Calvados m’a plongé dans le milieu des vins et des spiritueux. Je prends alors la direction marketing d’un groupe de spiritueux comprenant de belles marques de Calvados et d’Armagnacs. Un poste assez inattendu au vue de ma relative jeune expérience, mais, par lequel je devais passer. Ce n’est pas une entreprise familiale, loin de là. Un petit groupe détenu par un milliardaire russe. Un contraste fort entre un environnement très humain où des hommes et femmes oeuvrent chaque jour pour faire vivre avec passion un savoir-faire presque ancestral, et un top management à la russe très déshumanisé. Un vrai challenge pour moi qui je suis bousculé par des patrons pilotant les équipes avec un management très hiérarchique et autoritaire. Pour autant, je prends du plaisir au travers de mon métier, des produits et des gens avec qui je travaille au quotidien. J’apprends beaucoup, je pilote la stratégie marketing et me forge une bonne carapace. Comme on dit, je me blinde. Suite à un licenciement économique, je quitte, à regret cette belle aventure normande. Ce que j’ai appris, outre un développement professionnel à vitesse grand V, c’est l’art de la mixologie au travers de cocktails au calvados. Mes proches s’en souviennent encore!


Traversé du désert



La période qui suit fût assez déstabilisante et apprenante. En effet, je connais le chômage. J’étais loin de penser qu’à 34 ans j’allais traverser ce désert qui allait durer 10 mois. Je pensais naïvement que ma carrière était toute tracée et que j’avancerai tranquillement dans celle-ci. Mais cet arrêt a en fait été salvateur. Période de remise en question. Qu’est-ce que j’allais faire ? Continuer sur un autre gros poste ? Rester en Normandie où nous étions bien installés familialement ? Ce qui est sûr c’est que j’ai eu plus de temps libre. J’ai pu me consacrer plus sérieusement ma famille. Chose que je n’ai pas pu trop faire les années précédentes. Entre journées à rallonge et déplacements fréquents à l’étranger, je ne pouvais pas jouer le rôle de mari et de père dont j’étais investi. J’ai essayé de profiter de cette pause professionnelle dont je ne savais pas quand elle reviendrait et combien de temps elle durerait. Je prends le temps de vivre. Pour autant, je multiplie les contacts avec les cabinets de recrutements, je postule à de nombreux postes, je suis parfois chassé. Je passe du chaud au froid avec notamment une opportunité quasi signée et qui échouent à la dernière minute sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Un jour, au travers de mon réseau, un bon Samaritain (qui n’a pas voulu dévoiler son nom, c’est tout à son honneur) m’avait recommandé pour un poste que je n’ai pas eu...Mais finalement, j’ai eu un autre poste, même plus intéressant, dans cette même entreprise !


La tentation du confort



Ainsi, je rempile pour un autre gros poste, une direction marketing Europe d’une entreprise du Pet Food dans le B2B. Encore une fois, un job inespéré. Imaginez, j’étais au chômage et je trouve un job encore mieux payé que le précédent. Ce n’est pas commun. Je suis vraiment béni. Ma carrière suit bien son cours du coup. On déménage à nouveau, direction le Morbihan. On ne pouvait décemment pas s’éloigner de la mer :) Globalement, le poste est top, j’ai un patron au top également. Je découvre une nouvelle facette de l’agroalimentaire et de mon métier de marketeur. J’apprends beaucoup. Mais pour plein de raisons je ne trouve pas réellement ma place. L’une des raisons principales : l’industrie de l’alimentation pour animaux de compagnie ne correspond pas à mes valeurs. Pour résumer, l’animal de compagnie est considéré comme un enfant, un autre semblable humain. On appelle ce phénomène "humanisation". Quand on parle de produits et services, cela peut même aller très loin... Je vis alors un décalage intérieur, une forme d'inversion des valeurs. Moi, je souhaite placer l’humain en premier. De plus, j’avais l’impression que ma contribution pour l’entreprise, et comme pour tous les collaborateurs, était essentiellement d'assurer les résultats financiers pour la bourse, au détriment même de l’intérêt du job. Ce qui me faisait tenir, au-delà de l’aspect financier, était mon côté « dutiful », dans le sens où j’avais à cœur d’honorer le patron qui m’avait embauché. Il me faisait confiance et je l'appréciais beaucoup. Et dans tout cela, je me demandais ce que je faisais là. La raison l’emportait bien souvent dans ma réflexion. En effet, grande entreprise avec de belles perspectives professionnelles, un bon salaire sans compter les bonus et participation/intéressement très généreux, une sécurité dorée en somme pour moi et ma famille. Je me trouvais alors paradoxalement dans un confort inconfortable. Force est de constater qu’on s’y habitue bien. Je suis dans un compromis intérieur permanent.


Le basculement


J'ai eu un moment de révélation fort en début d’année, avant la crise sanitaire du covid-19. Je faisais alors mon trajet quotidien en voiture. Mes pensées vagabondaient. Je compris alors une chose que je n'oublierai jamais. Ce confort dans lequel j’étais installé me mettait dans un état de paralysie, m’empêchant d’aller de l’avant et de m'épanouir. Et plus je restais là où j’étais et plus j’étais paralysé. Au fond de moi, je savais qu’à un moment ou un autre c’est moi qui devrais prendre cette décision de quitter, quitter cette paralysie.

J'étais à un moment de ma vie où j'avais pour ainsi dire tout matériellement. Un job que beaucoup désirerait, des finances confortables. Mais j'avais compris que la trajectoire suivie depuis plusieurs années et ma situation me montraient que je ne pouvais plus me suffir de cette sécurité financière et d'une belle carrière. J’avais déjà à l’époque, depuis plus d’un an, cette idée de lancer une marque de vêtements homme made in France (je vous reparlerai de la génèse de ce projet dans un prochain billet). J’étais alors au stade des premiers contacts avec l’industrie. Et s’ensuit le début de la crise sanitaire, le télétravail, les réunions en visio ; et avec les enfants qui étaient également à la maison. J’étais alors peu engagé dans mon travail.


Cette période de confinement était pour certains un temps de prise de recul, de questionnement sur la vie en général. C’était le cas pour moi. On en discutait souvent avec ma femme. Notre constat était que malgré la crise sanitaire exceptionnelle, tout était fait à tous les niveaux (scolaire, travail, économie, etc.) pour que les gens fonctionnent comme si tout était normal. En vérité, rien ne l'était. Comme si on ne voulait pas laisser le temps aux gens de réfléchir et prendre du recul sur les priorités de leur vie. Un risque, perçu par certains je pense, de déstabilisation de notre système social de vie métro-boulot-école-activités extra scolaires-devoirs-dodo auquel peu de gens aspirent mais que nous vivons ou subissons presque tous. C'est ce que ma femme appelle la roue du hamster. De notre côté, on avait repris goût d’avoir nos deux enfants à la maison et de reprendre, par la force des choses, l’instruction à la maison. En effet, on avait déjà expérimenté pendant 2 ans l’instruction en famille. On pouvait profiter des uns et des autres, on apprenait à revivre ensemble. On avait le temps, on n’avait plus à courir après toutes les activités de la journée. On a vécu le 1er confinement comme une période sabbatique. A la reprise en juin du travail en présentiel, j’ai bien essayé de me motiver et de repartir du bon pied. Mais rien n’y a fait. Je voyais bien que j’étais en décalage avec l’entreprise et mes collègues.



Le basculement final s’est alors opéré quand j’ai eu un rendez-vous avec mon Président. Je ne l'avais pas croisé depuis des mois. Je n'ai pourtant pas eu un accueil des plus chaleureux. Comme si tout était normal, alors que rien ne l'était. On etait encore en pleine crise sanitaire. J'étais un peu choqué. Mais passons. Concrètement, les recommandations des actions marketing à mener qu’il me demandait semblaient pour la première fois aller à l’encontre de mes valeurs. En rentrant à mon bureau, j’avais réalisé qu'ayant été touché dans mes valeurs, je ne pouvais plus rester. J'étais arrivé à ce point de bascule définitf. Quelques semaines plus tard, d’un commun accord avec l'entreprise, je quitte celle-ci. On peut dire que les choses se sont faîtes parfaitement en termes de timing, comme si quelqu’un avait tout orchestré pour moi. En effet, le mardi je signais mon départ de l’entreprise, et le mercredi matin je partais à la maternité car ma femme avait eu ses premières contractions dans la nuit. Elle accouchait dans la nuit suivante de notre petite fille Anastasia. Je ne revenais plus à l’entreprise. J’avais alors basculé dans une nouvelle vie, une renaissance. Quand tout fût terminé contractuellement avec l’entreprise, ce fût plus qu’un soulagement. Je me suis senti véritablement libéré. J’ai retrouvé la liberté. J’étais sorti de ma paralysie !


Nouvelle Vie


Nous avons décidé de prendre notre vie en main avec ma femme et les enfants. On s’est rendu libre. Libre des contraintes et des contingences dont on pouvait se soustraire. Libre des rythmes imposés par l’école et le travail en entreprise. En effet, nous avons repris l’instruction en famille depuis la rentrée 2020. J’assiste début septembre au salon Made in France à Paris où je rencontre de nombreux acteurs de l’industrie textile-habillement. Je pitche mon projet auprès de fabricants. Le projet s’accélère. La société Les Manufactures Anastasia est officiellement enregistrée en octobre.

Cette vie choisie et désirée n’en reste pas moins un challenge au quotidien. Mais en tout cas, on essaie de (re)donner du sens à nos vies, en profitant de l'essentiel : la famille et nos relations avec nos proches.


Sothara Sieng





577 vues0 commentaire
R_White_final.png
bottom of page