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Première Collection RSURCTION : le processus de développement

Avant de vous faire un point complet sur chacune des pièces que nous sommes en train de développer pour la première collection de RSURCTION made in France. On voulait juste vous partager dans ce court article le processus de développement produit qu’on suivait. On essaie de faire les choses dans l’ordre, même si avoue qu’on ne respecte pas parfaitement toutes les étapes théoriques pour développer un vêtement. On s’efforce de faire les choses bien, avec une certaine structure. Mais au final, cela reste un processus itératif. On apprend au fil de l’eau et au contact des professionnels du métier qui nous accompagne avec patience quotidiennement.



Crédit photo : BonneGueule

Patronage


Comme son nom l'indique il s'agit de mettre au point le patron de couture. Le patron est un guide permettant de coudre une forme de vêtement donnée, à une taille voulue. Un patron de couture contient un ensemble de pièces tracées sur une planche papier permettant de couper du tissu.

Un patron de jean, vous voyez une seule jambe arrière apparaît

Pour la phase patronage du jean et de la chemise, on a fait appel à Catherine, une styliste/modéliste qui a un gros bagage dans le métier et qui a travaillé avec de grandes marques du PAP masculin. Vous l'aurez compris, c'est une styliste très expérimentée. On lui fait entièrement confiance. Pour le chino et le pull, on a sollicité directement les bureaux d'études des ateliers qui s'occuperont de la fabrication de ces vêtements. L'avantage c'est qu'ils maîtrisent parfaitement leurs outils de production et peuvent adapter rapidement le patron et/ou dossier technique en fonction de leurs machines. En guise de briefing, on leur envoie un descriptif extrêmement détaillé de ce qu'on veut : coupe, matières, finitions, etc. On leur fait un tableau de mesures précis de ce qu'on souhaite. Le tableau de mesures, sont les mesures prises sur un vêtement confectionné fini. Les mesures sont sensiblement différentes de celles qu'on retrouve sur le patron. Au préalable, on a pris le temps de tester les tissus après des lavages en machine domestique (oui, le lave-linge qui est dans le garage). Evidemment, on fait confiance à nos partenaires par rapport à ce qui est indiqué sur les fiches techniques. Pour autant, on aime bien expérimenter nous-mêmes et constater de nos propres yeux comment le tissu réagit et surtout de combien il rétrécit. On sait que c'est un vrai problème sur les vêtements neufs que vous achetez. On constate bien des écarts, mais ils sont très minimes. On leur met également à disposition des vêtements d'inspiration pour les guider sur nos attendus. Cela leur donne une idée précise du niveau d'exécution des finitions par exemple. Dans cette phase de patronage, on doit également fournir une recommandation de placement des pièces du vêtement. C'est une sorte de plan où on place toutes les pièces d'un vêtement qui sera coupé sur le tissu. A contrario, sur le patron on aura qu'une jambe arrière de jean, sachant que les deux sont parfaitement identiques. On fait en sorte que ce placement soit optimum par rapport à la consommation de tissu.

Après de multiples échanges avec Catherine et les ateliers, on fait quelques allers-retours pour optimiser les patrons, de quelques millimètres ici et là, et bien préciser les dossiers techniques.

La mesure est au millimètre !

On a l'impression que quelques petits millimètres ce n'est rien. Mais quand on sait ce qu'on veut on est à ce niveau de précision. Nous pensons qu'il est primordial d'être dans ce détail de précision car il faut prendre en compte qu'il y a des tolérances, en plus ou en moins, au niveau de la coupe et du montage dans les ateliers. Évidemment les ateliers sont équipés de machines qui réalisent un certain nombre d'opérations, mais beaucoup d'autres étapes sont réalisées manuellement, souvent par des femmes.


Dossier Technique


On réalise en parallèle le dossier technique. Il s'agit tout simplement d'un cahier des charges du produit sur lequel l'atelier doit se conformer pour la fabrication . Ou si vous préférez, c'est l’équivalent d’une notice de montage Ikea pour le monsieur tout le monde. On se dit que si le dossier technique est bon, cela évitera de nombreux allers-retours avec l’atelier de confection au moment de la mise au point des prototypes. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas ! Ce dossier sert également vérifier la conformité des modèles reçus par rapport à notre demande initiale. De la longueur des jambes à la couleur des fils de couture en passant par la matière de la doublure, on indique un maximum d'informations pour éviter les mauvaises surprises. Vous l'aurez compris, on met toutes nos chances pour recevoir un prototype parfait du premier coup. Bon, on est réaliste, on sait très bien qu'on aura besoin d'un deuxième ou troisième prototype...

Cela les aide par ailleurs à mieux définir les prix de production car on y indique très précisément les contraintes techniques et le niveau d'exécution attendu. On ne vous cache pas que c'est un document extrêmement important sur lequel on se met d'accord avec l'atelier.


Prototypage


Cette phase est clé dans la concrétisation des premiers vêtements de la collection Rsurction. Le prototype est tout simplement la pièce montée comme si c'était un produit fini prêt à la vente. A quelques petits détails mineurs. Il faut en général, à moins d'être chanceux, plusieurs prototypes pour aboutir à ma validation de celui-ci. A tort, on pense, avec optimisme, qu'un seul suffira si on fait tout parfaitement. Sauf qu'il y a toujours des petits ajustements, petits écarts avec le patron. Le tombé du tissu joue un rôle également important sur les ajustements à réaliser. On réalise tous nos prototypes en taille M pour le haut ou 30 taille americaine pour le bas, c'est plus facile car je porte moi-même ces tailles relativement standard. Je fais faire les essayages à mon entourage qui porte également ces tailles. Et oui, nous n'avons pas tous les mêmes morphologies. Donc c'est important de faire ces essayages. Pour faire les prototypes, on utilise les tissus et accessoires définitifs (ou identique en tout point). Après le patronage, On continue d'investir financièrement dans le développement. On commande du tissu en quantité suffisante et on fait couper et monter la pièce.

Lorsque celui-ci est réalisé, on attend le colis du transporteur avec impatience, comme à Noël. Et c'est la même sensation quand on ouvre le paquet, sauf qu'on appréhende pas mal. On se dit, et si ça ne va pas du tout ? On fait quoi? Allez, rendez-vous dans le détail des pièces pour avoir nos premiers retours...dans les prochains articles.


Est-ce qu'on fait bien les choses chez Rsurction ?


On comprends d'abord le processus de développement en échangeant avec les ateliers et Catherine. On nous parler de "monter des toile" ou de "têtes de série". On y comprends d'abord pas grand chose. Mais, chacun nous explique parfaitement en quoi consiste chaque étape. C'est vraiement appréciable.


Ci-dessous, un schéma très simplifié de ce que peut-être le processus de développement d'un vêtement.



Processus de développement simplifié d'un vêtement

Actuellement, on en est à l'étape 5 qui consiste à créer les premiers prototypes pour chaque vêtement.

Globalement, ce qu'on peut dire, c'est que nous réalisons bien l'ensemble des étapes attendues. Après, on ne les réalise sans doute pas toutes dans le "bon" ordre. Par exemple, on a fait en parallèle le dossier technique et le patronage. Sur le schéma, il est en étape 8. Nous, on le met carrément en étape 1. Il nous semble important de cadrer dès le début notre cahier des charges techniques. Préalablement, les ateliers ont reçu un briefing produit déjà pas mal détaillé. En gros, un email, précisant exactement notre demande. Ceci permet d'avoir un premier retour sur la faisabilité technique et le prix de production de la coupe et du montage de la pièce. On dirait que ce dossier technique est évolutif, suivant les différents retours de prototypes. Il s'affine avec le temps. On n'impose pas un dossier technique. Bien entendu, on y met tous nos désidératas. Mais, c'est surtout une base d'échange avec l'atelier pour étudier précisément la faisabilité. En fait, pour nous, l'étape 8 correspond plus à un accord entre nous et l'atelier sur le dossier technique définitif.

On a sauté volontairement l'étape du montage et essayage de toiles. C'est quoi en fait ? Le montage des toiles est le montage du vêtement, sur la base du patron, mais avec un tissu basique. Il ne s'agit pas du définitif, celui qui coûte cher. Cela permet de vérifier que le patron et le fit sont bons. Suite à cela, on peut ajuster les dimensions de certaines pièces du patron. On n'a pas fait cette étape, non pour gagner du temps, mais car on pense que ce sera plus représentatif et réaliste de faire les prototypes directement sur notre tissu final. En effet, le tissu a selon nous une telle importance sur le tombé et le fit en général du vêtement que le montage de la toile ne serait qu'approximatif. Et de toute manière, on sait parfaitement qu'on aura forcément des ajustements à faire sur les patrons suite à la phase de prototype. Donc, on a pensé qu'autant faire d'une pierre deux coups. Par ailleurs, le coût du montage de la toile ou sur un tissu de qualité est le même. Puisque tout est fait en France, c'est le temps passé à la coupe et confection qui coûte plus cher que la matière. Selon la matière, et la complexité du montage, la coupe et confection représentent entre 50 et 80% du coût de production, même avec des tissus made in France ! Donc tant qu'à faire un essai et payer un certain prix, autant le faire le plus proche possible du vêtement final.

Quant à la gradation, l'adaptation des patrons suivant les tailles du vêtement à partir d'une taille de base (M ou 30 pour nous par exemple), on la réalisera définitivement quand on aura validé le prototype final.


Comme vous pouvez le constater, il y a un écart entre la théorie et la pratique, en tout cas, dans notre cas. On suit bien entendu les conseils des experts, mais on suit également notre intuition et notre bon sens. Sans nul doute qu'on fera différemment les prochaines fois. Et oui, on est en apprentissage. Le plus important c'est qu'on progresse !


Le détail du point d'étape de développement de chacun de nos pièces Rsurction. A suivre dans les tous prochains articles.



RSURCTION

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